Le jour où j'ai cessé de l'attendre

Chapitre 9

Un an plus tard, jour pour jour, il pleuvait sur Paris.

Mon atelier occupait désormais tout le dernier étage d'un vieil immeuble du Marais. Sur la porte vitrée, une plaque en laiton : Atelier Arnaud – Architecture & Lumière. Je l'avais fait poser moi-même, un dimanche, et j'avais pleuré comme une idiote en serrant la dernière vis.

Hélène était venue à l'inauguration en fauteuil roulant, plus vive que jamais, et elle avait exigé de visiter chaque pièce.

Julien m'avait envoyé des fleurs et un mot : « Je t'avais dit que ton nom serait en bas de tes dessins. Maintenant, il est sur la porte. »

Ce soir-là, il était vingt-deux heures et j'étais encore penchée sur les plans d'une bibliothèque à Lyon quand on a frappé.

J'ai su que c'était lui avant d'ouvrir.

Pendant un an, Adrien avait tenu parole. Il n'avait rien exigé. Il était venu, parfois, à une conférence où j'intervenais, et repartait sans chercher à me parler. Il avait financé, sans le dire, la rénovation de l'école d'architecture où nous nous étions rencontrés – je l'avais appris par hasard. Il m'écrivait une lettre par mois. De vraies lettres, sur papier. Il ne demandait jamais de réponse.

Je n'avais jamais répondu.

Il était là, sur le palier, trempé, les cheveux collés au front. Il tenait une boîte en carton entre ses mains.

« Je ne reste pas, a-t-il dit tout de suite. Je voulais juste te donner ça. »

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