Sa faute portait mon nom

Chapitre 7

Adrien avait maigri.

Des cernes violets. Un manteau qui n'avait pas été fait pour le vent d'ici, collé à ses épaules.

Les roses blanches, achetées dans une station-service, pendaient comme des cadavres.

Autour de nous, le quai s'était arrêté. Madame Kerbrat. Deux pêcheurs. Le facteur.

Maël, à côté de moi, n'a pas bougé. Les mains dans les poches de son ciré, le regard d'un homme qui compte les vagues.

« C'est qui ? » a demandé Adrien.

« Maël Kerjean. Le patron du canot de sauvetage. »

« Et toi, tu es... »

« Chez moi. »

Il a baissé les yeux sur les roses, comme s'il découvrait qu'il les tenait.

Puis il a plié les genoux.

Sur le béton mouillé, devant tout le monde, mon mari, le plus jeune chef de service de Saint-Aubin, s'est mis à genoux.

« Pardon, Camille. Je te demande pardon. »

« Lève-toi. »

« Non. »

« Lève-toi, Adrien. Tu me fais honte. »

Il a relevé la tête comme s'il avait pris une gifle.

Il avait reconnu ses propres mots.

Il s'est relevé.

Le café du port s'appelle Chez Yvonne. Ce matin-là, tout le monde y était soudain très occupé à regarder son verre.

« On peut parler seuls ? »

« Maël reste. »

« Camille, c'est personnel. »

« Maël, tu peux rester. »

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